Les dix premières années de ce siècle resteront dans l’histoire comme le début de la digestion de la révolution technologique. Pour le moment, on a déjà fait un peu mieux que lors de la révolution industrielle qui a été ponctuée de guerres majeures, de dépressions économiques et de drames profonds.
Il faut en effet faire face à l’évidence : alors que nous rêvions d’un vingt et unième siècle baignant dans la joie de vivre des années soixante avec des voitures en lévitation et une maison charmante pour tous, la croissance de la population mondiale a plongé les pays développés devant deux challenges majeurs. La concurrence pour les ressources et l’énergie sur le front extérieur et la nécessité de maintenir le niveau de vie de la population menacé par une globalisation débridée. Personne n’a osé, ou encore ose remettre en question ce modèle de planète globale dans lequel à ce stade nous ne sommes pas armé pour survivre. Les dangers de troubles graves ne sont pas à minimiser, mais ce sera le problème de la décennie suivante. Les économies développées ont été maintenues plus ou moins à flots grâce à des acrobates de haut vol qui n’hésitent pas à danser sur des cordes raides pour traverser les gouffres. Nos banquiers centraux ont en effet par deux fois durant les dix dernières années mis en place des politiques qui nous ont permis d’éviter le pire. Ils pallient à la médiocrité chronique de nos politiques à laquelle ils ne peuvent rien.
Aujourd’hui, plus ou moins un an après avoir été à deux doigts de tomber dans le précipice, la machine économique mondiale fonctionne à nouveau. Messieurs Bernanke, Trichet ainsi que leurs confrères se sont aventurés dans un territoire complètement nouveau avec prudence et courage. Ils nous l’ont dit en ce début novembre, leurs taux directeurs resteront bas beaucoup plus longtemps que nous le pensions. Le problème n’est pas l’inflation. Par contre, il faut absolument éviter de faire capoter dans la dépression des économies encore très fragiles. Cela signifie concrètement pour les marchés financiers que l’argent placé à court terme va continuer à rapporter presque zéro. Dès lors, comme les rendements obligataires (notamment des entreprises) ont évolués vers des niveaux beaucoup moins attractifs en une dizaine de mois, une partie des liquidités massives va continuer à chercher des opportunités de placement dans les actifs plus risqués. 2009 a été l’occasion d’une faramineuse redistribution des cartes pour les entreprises.
Les gagnants ont très bien géré cette crise. Ils ont accru leurs parts de marché. Leurs résultats vont bénéficier d’un effet de base exceptionnel par rapport au quatrième trimestre de l’an dernier. Je pense donc qu’il faut encore rester investi en bourse. On regonfle la bulle à l’hydrogène, il faut en être conscient ! Mais on est encore tôt dans le processus. Si cela devait exploser, ce sera bien plus tard. Pour le moment donc, même si les raisons ne sont pas les bonnes, la bourse va continuer à en bénéficier.